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17 septembre 2019

5 raisons de courir en sentiers

  • Jean-François Harvey
  • │ Ostéopathe, kinésiologue et auteur de Courir mieux

  • Source : Journal Accès

Certains coureurs redoutent encore les sentiers, préférant l’uniformité des chemins asphaltés. Si vous n’êtes pas déjà converti, voici cinq raisons de reconsidérer les sentiers.

1 Les impacts sont variés

En sentiers, on peut passer alternativement d’un appui sur le talon à un appui avant-pied en sautant par dessus une chaîne de racines, courir sur de la terre rebondissante, un cap rocheux, une flaque boueuse bien molle et un tronc d’arbre en longueur bien convexe et irrégulier. Les appuis sont très variés, et les surfaces plus amortissantes en général, ce qui est une bonne façon de prévenir les blessures. Cela est bien préférable à appuyer le pied toujours de la même façon sur l’asphalte ou le béton, avec un côté de rue le plus souvent légèrement incliné d’un côté.

2 On y trouve plus de dénivelé et de virages

La majorité des sentiers comportent plus de montées, descentes et virages que les chemins pavés. On arrive alors à développer plus d’endurance et de puissance musculaire et à solliciter le système cardio-vasculaire de façon importante sans avoir à aller faire des tours de piste ou à faire des intervalles sur la route. Les montées ont aussi comme avantage majeur de permettre d’atteindre des points de vue bien plus intéressants qu’au ras de la route, entouré d’habitations et de voitures. Les virages parfois serrés travaillent de façon plus intéressante la stabilisation latérale.

3 Les propriocepteurs sont plus activés

Les propriocepteurs sont de multiples récepteurs situés principalement dans vos pieds, vos yeux, vos articulations, vos muscles et votre oreille interne. Ils sont responsables d’évaluer la position et le mouvement de votre corps et de l’ajuster en conséquence. Il s’agit en quelque sorte d’un sixième sens qui est très important pour la course. Parcourir les sentiers sollicite beaucoup plus les propriocepteurs que courir sur une route pavée lisse.

4 Les bienfaits de la nature

Une forêt bien fournie procure beaucoup plus de bienfaits pour la santé physique et mentale qu’un parcours urbain. La qualité de l’air y est bien sûr incomparable. De nombreuses études ont démontré que la marche ou la course en forêt favorisaient une régulation de la pression artérielle, une diminution de l’anxiété, de la dépression, de la fatigue et des tensions musculaires. Les japonais utilisent la sylvothérapie (littéralement thérapie par les arbres) depuis les années 50, avec un essor de la méthode Shinrin-Yoku, ou bain de forêt, depuis les années 80. Combiner les effets de la course avec ceux de la forêt semble être une des meilleures façons d’optimiser la santé.

5 Le plaisir de courir en sentiers

Plusieurs coureurs en sentiers (dont moi) vous le diront : courir 90 minutes dans le bois paraît plus court qu’un 30 minutes sur la route. La monotonie du bitume est loin d’apporter les plaisirs de la nature, de l’odeur vivifiante d’une épinette bien résineuse à la vue de rayons de soleil se frayant un chemin entre une forêt de bouleaux, du plaisir de réaccélérer dans un petit buton en tournant et ne sachant pas ce qui se trouve derrière à l’activation tactile associée à l’effleurage de hauts herbages dans une prairie.

En terminant, ne vous laissez pas rebuter par la peur d’avoir une entorse de cheville. La stabilité de la cheville s’améliore avec le temps et on apprend à mieux anticiper les irrégularités des sentiers. Il serait dommage de vous priver de ce plaisir.

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